Chez Madame Sarfati, on rit avec (ou sans) Fary

Un jeudi soir, on est allé chez Madame Sarfati, le tout nouveau comedy club de Fary. On vous raconte notre soirée.

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Sortir du froid, rentrer à l'intérieur de cet espace chaud et chaleureux, qui se trouve à quelques pas des Halles. Atterrir chez Madame Sarfati, le fameux personnage d'Élie Kakou, celui qui a donné envie à Fary de se lancer dans le one-man show.

Le concept du comedy club vient des États-Unis. C'est un lieu pensé pour l'humour sur scène, qui sert aussi de bar ou de restaurant. En France, le Jamel Comedy Club qui existe depuis 2006, a donné le ton.

Apercevoir l’humoriste (Fary), en territoire conquis. Jeter des regards pour ne rien manquer. Tout mémoriser (pour pouvoir écrire ce papier). Avancer docilement. Montrer ses billets (à 20,50 euros) comme on montrerait patte blanche. Avoir le droit d’aller plus loin, grignoter un bout (qui coûte un demi-bras) dans une petite pièce aux murs poncés. On a croqué des cigares chèvre-miel et goûté des falafels. Tiens, on nous appelle. Le spectacle va bientôt commencer.

Ici, faire rire est un art

On gravit quelques marches, on pénètre dans une salle que l’on n’a pas le droit de photographier « pour réserver la surprise à toutes les personnes qui suivront » nous explique-t-on. Autour de nous, tout le monde a les yeux baladeurs. Le plafond recouvert de tôles gris-perle et gris anthracite, attire au point d’en devenir une obsession. C’est l’artiste JR (en collaboration avec Takao et Diirby) qui a pensé la superposition de ces tôles venus des toits de Brooklyn et Paris, une oeuvre intitulée Rendez-Vous.

Tranquillement, on s’installe à une table ronde. Sur la table, une bougie qui n’éclaire pas tellement et le menu qui trône. Une serveuse nous chuchote : « je prends votre commande ? ». On s’exécute. La salle se remplit, une centaine de personnes sont là comme nous, venus pour « mourir de rire ». En attendant le début, on papote, on sirote, on dévisage et on recommence. Puis, le noir se fait. C’est bon, ça commence vraiment.

Ici, on n’utilise pas son téléphone, on est là pour rire

Fary, le maître des lieux se place sous la lumière. On ne voit plus que lui. Pas intimidé pour un sou, il déballe son pitch : il est là pour dépanner, parce que même chez les humoristes, on fait la grève (oui, en ce moment, le pays est en grève générale). Il se marre, enchaîne les blagues et nous somme d’applaudir. La salle joue le jeu, bonne élève.

« On accueille tous Tania Dutel » lance-t-il. La jeune trentenaire prend la place du taulier. Elle se lance. « Comme vous êtes en train de manger, je pense que je vais vous parler des règles » ose-t-elle. La jeune femme aborde un peu tous les sujets honteux de la vie quotidienne. Le public se détend un peu, se décoince et travaille les abdos.

Dix minutes plus tard, la jeune femme est remerciée et remplacée par un autre. Il s’appelle Julien Lacroix, c’est un humoriste québécois. C’est presque sa première scène en France. Ici, il n’est pas connu. On le sent peu à l’aise. Il joue, un papier à la main. Le rire se répand, se reprend, se fait plus timide.

Après lui, Ahmed Sparrow, un habitué des comedy club. On le voit souvent au Paname Art Café (dans le 11ème arrondissement de Paris). En quelques phrases, la salle est toute à lui. Ce type né dans une famille de douze enfants se présente. Son discours est rôdé. On se fend la poire presque toutes les 6 secondes. Quand c’est fini, on se dit qu’on aurait aimé que ça s’éternise.

Djimo reprend le flambeau. Ce soir, il porte un bob, un manteau tout doux et parle à deux à l’heure. On est zen. Petit à petit, il raconte sa journée. Il a regardé un documentaire animalier sur les pandas. On se marre. Un documentaire sur les terroristes. On se marre encore. Un autre documentaire. Il se marre. Son rire nous embarque. On est partis avec lui.

Ici, 300 personnes rient chaque soir

Une heure et quelques a passé. C’est fini. Les chaises sont bousculées, les tables débarrassées, les murmures reprennent. On demande à son voisin : « alors, t’as préféré qui ? ». Sans se presser, on se rhabille. Tout emmitouflé et le sourire en souvenir, on dévale les escaliers.

Chaque soir depuis l’ouverture du lieu, près de 300 personnes se croisent pour pouffer de rire. Le comedy club propose deux à trois plateaux par soir. Sachez-le, la programmation est tenue secrète. C’est la règle.

49 rue Berger, 75001 Paris. Ouvert du mercredi au dimanche.

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