Une chanson douce, que me chantait ma maman …

Henri Salvador l'a chanté. Elle l'a écrite. Lui, murmurait des mots d'amour, elle, parle d'horreur, de feu qui brûle, d'enfants étouffés.

Elle, c'est Leïla Slimani. C'est une faiseuse d'histoires. Après un fait réel, elle imagine.

On y voit des enfants qui sucent leurs pouces, qui s'acharnent sur un caprice, qui ne lâchent pas les larmes. Puis, il suffirait d'un instant pour qu'ils rient pour un oui, pour qu'ils aspirent des spaghettis, il y en aurait même sur le tapis.

Ils adorent laisser pantois les parents, après un pourquoi, une problématique qui rappelle la panique face à un débat politique.

Louise, c'est la nounou dans l'histoire. Elle est chouette. Fascinante, elle ne jure que par le rangement, le divertissement et l'épanouissement des enfants.

Elle n'est pas bavarde. Elle ne dit rien. Le silence est d'or à croire qu'elle dort.

Elle se glisse. Insidieusement mais sûrement dans la vie des parents. Elle est presque envahissante.

Son obsession pour son travail déconcerte. Elle aime ça profondément, il n'y a que ça qui compte. Elle, obnubilée par ce foyer, on pourrait le jurer.

Imperturbable, comme un poisson dans son bocal qui s'inscrit dans la routine. Elle se lève tous les matins, à heure fixe, d'un bond, sans jamais grogner. Si on lui demandait elle se déplacerait même le week-end. Dévouée comme un bon petit soldat. C’est une guerrière, vous allez voir.

La mère, narre. Elle se confie comme s'il s'agissait d'un journal intime. Celle-ci ne cache rien bien qu’elle ait tout à escamoter à coup de rideaux tirés. Il y a de l'exhibitionnisme, on y verrait presque des gens tous nus. Parfois, la porte est grande ouverte. Même pas besoin de jeter un coup d'œil à la serrure.

Puis, sans prévenir, ça finit mal. Très mal. On finit tout écorché, comme si on avait trébuché et qu’on dévalait la pente. Elle est robuste, la descente.

Attention, le passage qui va suivre risque de vous faire crier si vous ne l’avez pas déjà lu. Ne m’en voulez pas si vous lisez la suite. J’ai averti.

On apprend que la nounou n'était pas très bien dans sa tête. Elle avait des problèmes aux baskets. En avait ras la casquette.

La compagnie des marmots, ça ne la rendait pas si chouette.

Pour tout vous dire, on s’en doutait un peu, avec les premières pages à effet chair de poule.

Vous êtes intrigué : Prix Goncourt, sur-médiatisé. Il ne vous fait pas frissonner de plaisir, mais il tient sa promesse : sordide à merveille. En plus : une description sans fard du bobo-écolo, vous pourrez vous moquer de vous-même !

Crédit photo : Henri Salvador - le chanteur de l'enfance

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