Papaoutai

Un trompe-oreilles, une figure de style, un jeu de mots visuel.

C’est l’histoire d’un enfant qui n’a pas de papa. Son papa n’est pas là. Il ne répond pas. Les couleurs sont fanées, les tapisseries passées, et le spectateur affamé.

Le design est graphique, la musique électrique et la tonalité dramatique. C’est un objet cinématographique sans précédent. Le réalisateur a un nom : Raf Reyntjens.

Quand on n’a pas de papa, on fait quoi ?

Un papa pas là, c’est un sujet pas facile. C’est essayer d’exister pour un papa qui n’existe pas vraiment.

Le décor est kitchissime, la poupée est inanimée et l’enfant est excité. Il joue avec son papa, qui en réalité, est une poupée. Une poupée inhabituelle, d’une hauteur non-conventionnelle. Elle n’entend pas, ne voit pas et ne vit pas. Elle résiste à tout. La poupée est tout sauf un vrai papa. Stromae est le papa-poupée. Les couches de maquillage masquent tout l’humain de son visage.

C’est la frustration d’un enfant, à qui l’on ne répond pas. Il raconte la solitude. Étrangement seul dans une ambiance de série B.

La famille n’est pas monoparentale. Une famille sans papa, ce n’est pas tout à fait normal. La normalité est arrachante : tout le monde a un papa. Les couples père-fils s’affichent, la relation n’est pas idéalisée, mais ils sont synchronisés. Ensemble, ils forment un tout.

Cette chanson est un cri du corps : le corps humain est détourné, distendu, déformé au profit du sentiment. Il n’y pas de sourires camouflés, juste des ridules dévoilées. La douleur est lancinante. Elle est visuelle et corporelle.

Le clip n’aime pas les défauts. Les années 50 envahissent l’espace : la micro-maison, comme la télévision. L’uniforme vert-orangé va très bien à Stromae.

C’est une chanson qui parle de la vraie vie. La vie n’est pas arrangée, mais elle est romancée. Le clip recontextualise une enfance trop souvent maltraitée.

Stromae parle de lui, des autres. Il parle de son père, des autres pères. Il parle de l’homme, en général.

C’est un clip social : le regard est neuf, critique, pas polémique.

Vous êtes intrigué : Regardez les images en boucle, vous serez émoustillé par tous les détails qui s'offrent à la vue.

Crédit photo : Papaoutai, Stomae - Cover

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