Des mots d'amour


Cher Président de la République, Je vous écris car j'ai un projet pour le métier de Président de la République. Vous devez en recevoir des tas : des messages qui prétendent abattre l'impasse française. Rassurez-vous, mes mots n'ont pas l'ambition de régler la faim dans le monde, l'envie ne manque pourtant pas. Elle déborde. Un soir j'ai songé. J'ai réalisé que la société nous engageait à faire des stages, à les accumuler, tout ça pour faire grossir notre expérience professionnelle. Alors, des gens comme moi font des stages pour pénétrer ce monde du travail aussi énigmatique qu'infatigable. Le statut de stagiaire permet à chacun de se former, de se tromper, de rectifier le tir. Je ne vous apprends rien, vous le savez déjà. La position de Président m'intrigue : autant les coulisses de la prise de décision, que la formation de l'histoire, tout cela est absolument inconnu. Comment se lancer dans la course à la présidence de la République sans jamais avoir effleuré le pouvoir ? Pourquoi ce manque de transparence dans le métier de gouvernant ? Généralement, on se porte candidat pour un poste que l'on a déjà occupé d'une manière ou d'une autre. Un recruteur se fonde d'ailleurs sur l'expérience pour juger de notre capacité à la performance. Si l'on considère le raisonnement de l'entreprise comme le plus juste, comment un peuple peut-il estimer le potentiel d'un homme inexpérimenté ? D'où vient notre confiance ? Pour faire face à cette carence en confiance populaire et prétendre à la fonction présidentielle, il serait bienvenu d'introduire le stage à l'Elysée. L'offre de stage s'intitulerait Assistant au Président de la République et il n'y aurait pas de compétences requises car ce poste exige de connaître le tout, or le tout peut facilement céder sa place au rien. Pour faire en sorte que ce statut de stagiaire soit expérimenté par le plus grand nombre, vous pourriez proposer un stage d'une durée allant de une semaine à un mois en fonction de la situation (âge, niveau d’expérience et de diplôme, disponibilités, etc.) du stagiaire. C’est une question qui mérite délibération. J'imagine que cette proposition est alléchante, qu'il vous faut du temps pour réfléchir, du temps pour estimer la faisabilité d'une telle nouveauté. Je crois en la présidence disruptive et au progrès social. J'ai lu la presse et j'ai d'ailleurs appris que vous œuvrez pour une plus grande flexibilité dans l'enseignement secondaire : c'est une bonne nouvelle. S'il vous manque de l'inspiration en matière de côte de popularité, recrutez un stagiaire à vos côtés. Je me porte candidate, c’est dit. Bien à vous et en espérant que l'humour soit toujours d'actualité. Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma respectueuse considération. Léa

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