Ne vous éloignez pas de la mer


On en a tous une.

La première fois, qu’on l’a regardée, elle brillait de mille feux. Certains auraient dit qu’elle transpirait.

La rose, elle ne sentait sûrement pas.

Ma respiration ne s’en souvient plus.

Sa crinière était toute ébouriffée, à force de pousser.

Son souffle était saccadé, aussi découpé que le cordon ombilical qui révélerait un nombril.

D’un coup d’un seul, on était bien réel. Hors de cet habitacle, on voyait la lumière du jour.

Comme ça, sans vraiment préméditer l’amour, on s’est attaché.

On se réveillait sans grande discrétion. On ouvrait les yeux, on la fixait. On fermait les yeux, elle s’amourachait.

Elle avait des bras, des étreintes, des chansons et tout ce petit monde était si doux.

Elle a la faculté d’être autoritaire. D’être arbitraire. D’être sauvage. D’être un cri.

On pourrait l’idéaliser. On pourrait l’envoyer chier. On pourrait lui balancer son linge sale. Elle ne le laverait pas.

Elle expliquerait vaillamment comment fonctionne une machine à laver.

Elle, c’est la mère.

On lui a donné une journée du calendrier. Il faut lui glisser des mots magiques, ils se hisseront au coin du lobe.

Il y a des rumeurs qui osent se passer de bouche en bouche.

On raconte que le « on » fait référence à ce satané salaud.

Cet espèce d’enfoiré, qui a bradé la France. La délation s’est occupé du reste.

« Travail, famille, patrie » n’a jamais autant été terni.

Ce qui circule ici ou là, c’est que ce pauvre gars a construit de toute pièce la fête des mères.

C’est faux.

En 1906, les mères de familles nombreuses du village d’Artas sont remerciées. Elles reçoivent des fleurs, une fois par an, à croire que c’est bien assez.

Puis en 1929, le gouvernement français inspiré par un rite américain, aura un geste pour ces mères qui ont perdu un fils au combat. Allez, hop, une journée de mai et on oublie tout.

En 1942, la natalité est en berne, faute de joie de vivre. Vite, il faut relancer la machine à procréer. Et si on banalisait la flatterie ?

Pétain & Co(ns) ont lancé : vive les mères, vous allez voir ce vous allez voir, les bidons ronds tomberont du ciel.

La fête des mères est institutionnalisée, elle n’est pas inventée.

Ce méchant-là n’a rien à voir avec cette fête-là.

Tout de suite, on expire.

Une autre question demeure, pourquoi le collier de pâtes ?

Irrésolue.

Vous êtes intrigué : Il est temps d'apprivoiser votre mère, d'un peu plus près.

+ : Sinon, Pedro Almodóvar a tenté d'en savoir plus sur sa mère dans son film Tout sur ma mère, qui sait vous allez sûrement y voir plus clair.

Crédit photo : Juste la fin du monde - le film

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