Grace Kelly est là


Fenêtre sur cour / Rear Window, Hitchcock

Hitchcock normalise l’excellence. Le succès est promis. L’histoire est simple, sans fioriture. C’est un homme invalide dans l’incapacité de se déplacer. Bloqué dans une seule et même pièce, ses péripéties sont celles de ses voisins.

Le film porte sur une affaire morbide : un meurtre, pourtant c’est lumineux. Il est communément admis, que se mêler des affaires des autres c’est prendre le risque d’en apprendre plus. C’est découvrir une intimité qui n’est pas la sienne.

C’est un film à sensation. Le spectateur est consentant, il accepte le voyeurisme. Il est complice. Chacun est naturellement porté vers l’autre. Chacun a déjà été dans cette position : l’observation. Or, la frontière entre la simple curiosité et l’intrusion est trouble.

Dès le début, l’unité de lieux est étouffante, le regard de Jeffries ne peut qu’instinctivement s’orienter vers l’extérieur : il est confiné. Cette condition est facilement ressentie.

Sorti de l’imaginaire du réalisateur : un invalide hyperactif, une Grace Kelly en mal d’amour et Stella, une madame Irma. Ils crèvent l’écran. Elle, est séduisante, indétrônable, lui est fidèle à son trône, il siège imperturbable face à sa fenêtre.

Vous êtes intrigué : Hitchcock avait un drôle d'humour, lors de la promotion du film, il a dit : "Si vous n'éprouvez pas ce sentiment de douce frayeur en voyant ce film, pincez-vous - vous êtes très probablement mort".

Vérifiez donc que vous êtes bien vivant, pendant le visionnage. Sinon, il sera trop tard.

Crédit photo : Rear Window - le film

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