J'espère qu'il me répondra


blog écriture onlitles-a

Cher Travail,

Je te dis tout de suite. Je préfère te tutoyer, j’espère que tu ne te sentiras pas offusqué. Je prends des libertés, ça t’étonne ? Je sais tu n’es pas tellement favorable à la liberté, cette valeur si incontestée.

Je ne veux pas te blesser ou t’importuner, j’imagine que des lettres comme ça tu dois en recevoir des milles et des cents. Si je t’écris, c’est parce que ton absence me rend absente.

Je ne sais pas si tu as remarqué cette fâcheuse tendance des gens en société. Ils ne se présentent pas avec un prénom mais avec un travail. On dirait qu’ils se déplacent tous avec un travail qui leur colle à la peau. Ils n’arrivent même plus à courir des marathons, tant le travail est envahissant. Ils incarnent en chair et en os ce qu’ils font, sans pour autant répondre à ma question : qui sont-ils ?

Quand je me présente, que je dis que je n’ai pas vraiment de travail, que je me cherche, que je me réoriente, ils perdent tous la tête et se désintéressent machinalement.

Avant, quand on se baladait main dans la main, je me sentais obligée de t’escamoter comme un vilain secret. Je n’étais pas fière de toi, enfin de ce que j’incarnais à tes côtés. Je ne me ressemblais pas, alors en société je me débattais avec ce que j’avais envie d’être et toi qui ne me lâchait pas les baskets.

Je me fais du soucis pour toi, parce que je ne sais pas si on trouvera le bonheur ensemble. Toi, tu veux que je rejoigne la voie toute tracée, celle qui n’admet pas l’anticonformisme, l’épanouissement individuel, et le goût du risque. Tu veux que je me trouve un contrat à durée indéterminée, pour ta tranquillité.

Quand j’étais petite, que je n’étais pas grande, je nous imaginais inséparables. Tu vois, toi c’était moi et moi c’était toi. On pouvait nous confondre. Mon rêve c’était toi.

Je n’ai pas dit mon dernier mot, ça te dirait une thérapie de groupe : toi et moi ? Je te coupe tout de suite, ça n’a rien à voir avec une thérapie de couple.

Mercredi, ça t’irait ?

Je t’embrasse

Léa.T

Vous êtes intrigué par la photo : Je l'ai piqué à un adulte prodige Benjamin Isidore Juveneton.

C'est un punchline-maker, le genre qu'on s'échine à imiter, mais en vain. Ce garçon-là ne court pas les rues, heureusement on retrouve son art dans Paris ou ailleurs. Il a bâti un précieux, son blog : http://adieu-et-a-demain.fr/

Crédit photo : Adieu et à demain - le blog

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