Cet article ne parle pas de politique. Jamais je n’oserais.

Vous l’entendez ce son ?

blog écriture onlitles-a

Il abrutit doucement mais sûrement.

Nos tympans se heurtent à ces grésillements, qui saccagent la diversité des noms. Ces noms sont propres, nettoyés à coup de machine à blanchir. Ils sont blancs comme des linges, ils riment sans cesse, à croire que c’est un coup du sort.

Eh bien, non ce n’est pas une boutade. Cette fois-ci il n’y aura pas de franche rigolade. Juste une mascarade, qui se joue entre des poissons qui mordraient bien à l’hameçon. Qui sont ces saltimbanques dont on parle de long en large. Qui sont ces garçons qui couvrent nos papiers ?

Ils sont tous ces « on » qu’on irait bien confondre ici et là.

Pourtant ce sont nos candidats.

On a le droit de les élire, à défaut de les choisir.

Fillon, Mélenchon, Hamon, Macron.

Pourquoi, le simple fait de réciter ces noms résonnent comme une punition. En cours de français, on dirait il y a des rimes comme s’il en pleuvait, d’autres français oseraient la formule : « ils ne riment à rien ».

Ils arpentent les plateaux à lumière blanche toujours à la recherche du jeu de mots, qui fera frémir les réseaux sociaux. Depuis qu’on sacralise le « buzz », ils se l’accaparent tous, chacun avec ses valeurs de ténor.

Ils ne cessent de s’embourber dans des affaires qui mènent à la prison, parfois. Ils mettent les mains dans le cambouis pour la première fois. Ça change des « mains en l’air » et puis ça salit, non ?

Mêmes les réputations n’ont plus d’éclat : trop de traces de crachat. Ils n’arrêtent pas de promettre : promis, juré, craché. Et un filet de bave, se dresse aussi long qu’un programme à la présidentielle. Aussi inesthétique, qu’un homme qui n’a pas fini de voir son nez s’allonger. Ils n’avaient qu’à dire la vérité.

Un menteur, ça casse, c’est pas en plastique. Il n’y a que DSK qui rebondit. Un par un, ils s’amusent à taper sur le bouton «scandale du jour, bonjour » comme s’il s’agissait d’un nez rouge, celui-là même qui provoque des fous-rires.

Allons, reprenons le fil de notre histoire, pourquoi ces bonhommes nous mettent en rogne ?

Ils avancent la vergogne au placard. Ils apparaissent vêtus d’un costume bleu comme marine et le torse recouvert d’une chemise immaculée par la grâce de la République.

Dans un élan quasi-divin, ils quittent la première personne du singulier, pour adopter une stratégie sacrément démocratique. Ils prononcent un discours au nom du peuple. Au nom du « on ». C’est nous, non ?

« On va changer la société »

« On va aller plus loin, ensemble »

« On va crier des slogans aussi nouveaux qu’il y a 20 ans, et à gorge déployée, par-dessus le marché »

« On va se ridiculiser parce qu’un argument a une durée de vie de deux jours »

Et vas-y que je te balance des « on » par-ci et par-là.

Ils ont fière allure, ces gars-là. Ils incarnent l’hexagone en chair et en os. Ils n’ont pas six sommets, sans doute six personnalités à tout casser. On parie ?

D’où vient ce pronom, à l’allure si polémique ?

« On » n’a pas vraiment d’origine, il aurait pu arriver par la mer méditerranée, ou s’échouer comme un sachet tombé du ciel. Si l’on cherche bien, il vient du latin « homo » et je vous le donne en mille : « on » équivaut à « homme ».

L’homme est un animal politique, comme le disait Aristote, un type qui portait la toge et la barbe.

Le « on » appartient depuis la nuit des temps à la grande famille des politiques, car il sort de leur bouche toute rouge. Il sert aussi à les désigner, sans véritablement toucher un sujet précis. Employer des « on » prête volontairement à la confusion, c’est réussir la noyade du réel sans avaler la tasse.

CQFD (Ce qu’il fallait démontrer).

Ces orateurs du « on » sont si faciles à mêler, intervertir ou travestir, tant qu’ils en oublient la politique au profit de la sémantique.

Quant à Marine Le Pen, aux dernières nouvelles, elle avait rendez-vous avec le Ministre de la Justice pour changer de nom de famille. Elle préfère Le Penon. Elle dit que c’est pour couper le cordon avec le père.

On croise les doigts pour qu’elle fasse partie de cette bande de « on ».

Vous êtes intrigué par la photo ? C'est une vraie. Réalisée sans trucage, trouvée dans les archives de campagne de Jacques (1981). Depuis qu'il perd la tête, il a la côte.

Crédit photo : Affiche campagne électorale - Jacques Chirac - 1981

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